Mon père et mes grands-parents maternels sont nés à Nogueira, un petit village dans les montagnes du nord du Portugal. Ils ont immigré en France pour travailler et y ont passé leur vie. Comme beaucoup d'immigrés, l'été, on « rentrait au pays ». Je me rappelle de ces longs trajets en voiture : 15 heures si on roulait bien et qu'on ne faisait pas trop de pauses. Il faisait chaud, et la voiture était bondée jusqu'au rabord. On y passait plusieurs semaines, jusqu'à mon adolescence, où j'ai commencé à travailler l'été. Je n'y allais plus.
Après plusieurs années, j'ai voulu y retourner, me rapprocher de cette partie de moi que j'avais longtemps laissée de côté. Là-bas est une installation vidéo à dimensions variables. Elle est composée de plusieurs vidéos diffusées sous la forme d'une déambulation à travers l'espace. On y suit un personnage, mon père, qui nous raconte l'histoire de ce lieu.
Cette histoire, elle, est vouée à disparaître. Ces villages se vident de plus en plus. Les jeunes partent en ville pour travailler ou étudier : 
« il ne reste que des vieux ».
L'histoire de ce lieu n'est pas écrite ; elle se transmet à l'oral. Mais bientôt, elle disparaîtra. Là-bas devient alors une trace de ce lieu, de la manière de vivre qu'avaient ses habitants, et de son histoire.
Cette déambulation invite le spectateur à être actif dans son écoute, à suivre ce personnage comme j'ai suivi mon père pour connaître mon histoire.
Elle a marqué, pour moi, le début d'une quête vers mes origines, vers ma propre histoire.


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